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mardi 15 décembre 2020
Sélection pour L'oiseau-Lyre et autres petites nouvelles
vendredi 27 novembre 2020
Les bouleversantes chroniques de Point de Fuite
... plus encore que je n'aurais imaginé en écrivant ce nouveau quatre mains avec Marie.
Nous savions que le thème était difficile. Nous l'avons porté à bout de bras, courageusement, de septembre 2018 à septembre 2019, date à laquelle il est parti dans les boîtes mails des éditeurs...Et les retours des chroniqueuses et chroniqueurs nous rendent au centuple le travail fourni.
Merci à l'équipe de Gulf Stream de l'avoir accueilli, chouchouté, et de le porter aussi bien.
Mercredi #25novembre, c'était la journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes, alors merci à ces chroniqueuses et ces chroniqueurs qui, par leurs photos et leurs mots, contribuent aussi à éveiller les consciences.
Je suis devant ma page de blog et je ne sais pas par quoi commencer. Dois-je privilégier la narration ? En chapitres courts, l’écriture fluide, les changements de point de vue qui en font un roman choral ? Ou bien plutôt les personnages ? Ou encore le fond tout simplement et l’ensemble des thématiques abordées dans ce roman ?
Commençons par un petit Trigger Warning. Ce roman, en abordant une relation toxique, peut parfaitement perturber bon nombre de personnes par sa violence verbale et physique par exemple. Je mets particulièrement en garde les personnes qui auraient pu avoir vécu ce genre de choses. A destination des grands ados ou des adultes, c’est toutefois un remarquable roman qui peut vous aider à prévenir ce genre de relations, mieux observer votre prochain, et pourquoi pas vous aider à agir. Ne pensez pas que des sujets soient trop durs ou trop complexes, ce sont des sujets qui existent, qui bouleversent certes, mais qui sont réalistes, des maux de notre époque dont il faut prendre conscience pour mieux les combattre.
Alors oui j’ai adoré Point de fuite. C’est un roman qui dit beaucoup de choses. Qui dit l’amour, qui dit la haine, qui dit l’amitié et la violence, qui dit les silences et les solitudes. A travers ses différents personnages, on observe petit à petit la toile se former autour de Mona avec en son centre une araignée, insidieuse et charismatique.
Le personnage de Mona est quant à lui extrêmement réaliste. Parfois même trop. J’avais l’impression de glisser à ses côtés, de trébucher, sans m’en rendre compte je me suis complètement imprégnée de ce personnage, m’en suis peinturluré le cœur et le visage jusqu’à en avoir la gorge serrée, à refermer le livre les mains tremblantes. Pourtant, évidemment, Mona n’est pas un personnage auquel on a envie de ressembler, dont on envie la place, les pouvoirs magiques ou que sais-je, mais les autrices ont réussi à lui donner de la tangibilité et l’ont investi du souvenir de millier de femmes à travers le monde, subissant les mêmes choses en silence. Elles ont remarquablement dessiner son corps en transformation, sa perte de poids, ses cernes, sa perte de repères, le resserrement progressif de son monde autour d’une seule et même personne, bourreau et amant, martyre et salaud. Je le redis mais l’impression de glisser, de chavirer était extrêmement forte.
On est loin des statistiques, des données chiffrées, des petites citations qui nous interpellent parfois dans la rue, sur ces femmes battues, tuées, réduites au silence. Impossible de se dire « mais pourquoi ? pourquoi ne part-elle pas ? » comme on peut l’entendre par fois. Marie Colot et Nancy Guilbert refusent le jugement et l’égoïsme de cette pensée pour nous offrir de la compassion et un « comment l’aider » au pourquoi.
En résumé Point de fuite est un roman bouleversant dont il est difficile de sortir indemne. La dernière page refermée ce sont des larmes aquarelles et des poings froissés qui viennent nous dessiner de la colère et de la tristesse au ventre. Parce que Mona est une personne comme tout le monde, parce que ce ne sont pas que des statistiques mais des personnages dont on s’imprègne, éponge sur tache d’encre, et parce que Marie Colot et Nancy Guilbert nous rendent cette histoire tangible, réelle, puissante. Un coup de cœur percutant qui ouvre les yeux sur les relations toxiques et les pièges dans lesquels tombent parfois les femmes sans s’en rendre compte, véritable descente aux enfers; avec ce qu’il faut de poésie et d’amitié pour nous rendre l’indicible supportable.Sans jamais tomber dans le voyeurisme, Nancy Guilbert et Marie Colot parviennent à nous faire entrer dans l’intimité d’une victime de violences conjugales. Point de fuite se révèle être un roman puissant, intense, parfois terrifiant, mais nécessaire. À découvrir absolument !
* Un coup de coeur et de poing pour Les lectures de Théa
Et pour terminer, il est dans la sélection de la semaine du SLPJ de Montreuil, merci !
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Les Editions Oskar et moi vous proposons de gagner un exemplaire de ce roman - Le concours se déroule sur ma page FB du 22 novembre au 1er décembre 2020.
CLIC
Bonne chance!
mardi 10 novembre 2020
L'ourse bleue part en Chine... et autres chroniques

Pour Venise, bises, cerises, un merveilleux "entretien entre blogueuses", chez Blandine, Cécile et Pauline.
Une jolie chronique sur Opalivres : https://www.opalivres.fr/la-collection/des-9-ans/venise-bises-cerises/ Entre amitié, rumeur, violence, réseaux sociaux, rapport familiaux, création, vie scolaire… la vie ordinaire n’est pas un long fleuve tranquille. Chaque chapitre démarre par un extrait de chanson qui en donne la tonalité… Un petit regret : que les paroles anglaises ne soient pas traduites. Les personnages rencontrés offrent une belle variété de portraits. Beaucoup ont des vies compliquées….ce qui tend à expliquer leur comportement. Ce roman au rythme enlevé et au ton agréable, se lit facilement, et peut intéresser des lecteurs à partir de 10 ans.
* Pour Nuit, cette chronique chez HastagCéline
#Onirisme
Cet album est magnifique. Il s’en dégage de la poésie, de la douceur, de la beauté mais aussi de la force et une certaine nébulosité charmante.
Une fois refermé, on se sent apaisé, un peu déboussolé aussi car le voyage qu’on vient de vivre en compagnie de la petite fille n’aura pas livré tous ses secrets.
Et j’avoue, sans honte, que si je ne suis pas sûre d’avoir tout saisi (le faut-il ?), je suis tout de même vraiment conquise par cet album merveilleux. Parfois, se laisser porter, par la musique des mots, par la richesse des illustrations, par la profondeur d’un univers, c’est bien aussi.
#EnEauxProfondes
Comme je le disais plus haut, il y a des albums qui vous touchent alors même que quelque chose vous échappe. C’est le cas pour Nuit.
Cependant, j’ai été très sensible au texte de Nancy Guilbert dont la plume aussi bien dans ses albums que ses romans me fait vibrer, comme à chaque fois. C'est ici très énigmatique et poétique.
Ses mots sont sublimés par les illustrations d’Anna Griot qui sont simplement époustouflantes. Chaque double-page est un véritable tableau ! Et on se perd dans la contemplation de chacun d’eux. Le noir profond fait ressortir les couleurs éclatantes. L'effet de profondeur est impressionnant et immersif. Du noir de la chambre où la petite fille commence à peindre, on s'enfonce au coeur un monde marin et l'on découvre, au fil des pages, des décors où la couleur gagne du terrain au milieu des poissons aux formes incroyables, des trésors cachés parmi les algues au gré des courants... Les détails se multiplient, les pages se remplissent et des dessins merveilleux s'épanouissent sous nos yeux ébahis. C'est beau.
Imaginer, créer et laisser l'inspiration nous guider...
Ainsi, aux côtés de cette fillette qui cherche à peindre la nuit (c’est tellement poétique ça aussi), on glisse de plus en plus profondément dans un univers onirique et féérique, peuplé de créatures marines à la fois rassurantes et inquiétantes, comme peuvent l'être parfois celles qui peuplent nos rêves. La lumière gagne peu à peu du terrain et cette fameuse nuit aura été d'une richesse extraordinaire pour la fillette mais pour nous aussi.
Difficile de décrire la puissance qui se dégage à la lecture de cet album.
N’attendez pas de réponse, n’attendez pas une histoire classique, n’attendez pas une morale, une logique… en ouvrant Nuit, attendez-vous à à la beauté de l’inattendu.
Et lâchez prise.
#PourQui?
Pour les enfants qui rêvent d'explorer des mondes fantastiques.
Pour les enfants qui se laissent porter par leur imagination.
Pour les enfants qui aiment écouter la musique des mots.
Pour tous les enfants à partir 3-4 ans. Peut-être cela peut sembler tôt mais quand je vois les yeux de ma fille (de cet âge) quand je lui lis cet album, je pense qu'elle y trouve aussi son compte !


















































